Tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne; moyens financiers, accès aux soins, temps consacré aux loisirs… Cependant il en existe une catégorie à part; les “étudiants influenceurs”. Mêlant études et présence numérique, comment s’arrangent-ils pour gérer leur emploi du temps et leur stratégie de communication sur les réseaux sociaux ? N’y a-t-il pas aussi une question éthique à se poser quant à leur futur professionnel ? Voici le retour de Charlie, chargée de communication chez Touch et responsable de la pépinière qui accompagne ces étudiants dans le monde des influenceurs.
Influenceur étudiant, un nouveau métier ?
“Le Rire Jaune”, “Squeezie”, “Hugo Decrypte”, ce sont des personnes reconnues dans le milieu, pourtant, ils ont tous un point commun : ils ont tous commencé en étant étudiant. Au départ un simple passe temps, le métier de l’influence devient, par le temps qui passe, leur véritable activité principale. Ils ont pour avantage de parler au cœur de cible des réseaux sociaux de par leur vocabulaire, leur dynamisme ou les différentes références qu’ils possèdent. Un véritable atout, leur permettant d’influencer les jeunes : ”Travailler avec un influenceur étudiant nous assure de réussir une campagne marketing”, assure Charlie Dilemme. Ces influenceurs précoces ne sont pas seulement un phénomène présent seulement en France. Nous le constatons en analysant le cas des Italiens dans la pratique de l’unboxing “l’autorité du parrèsiaste, métalinguistique et via la fidélisation, associées respectivement à trois instances qui sont autant de rôles énonciatifs dans la pratique de l’unboxing : l’enfant, l’adulte et la communauté d’intérêt constituée essentiellement par le jeune public de la chaîne.”(Francesco Attruia, 2021). La constatation est que la voix d’un jeune aura plus de poids et pourra plus facilement influencer les auditeurs plutôt qu’un adulte.
Charlie Dilemme n’est pas la seule personne à confirmer cela, Rollingbox, agence web digitale, affirme que “40% des 18-24 ans font plus confiance aux influenceurs qu’à la publicité”.
Mais arrivent-t-ils à allier études et influence ? Ce n’est pas si sûr, plongeons dans les dérives que ce nouveau passe-temps.
Quand l’influence prend le pas sur les études.
Alors que le monde de l’influence peut fonctionner, voir très bien fonctionner pour certains, cela ne vient pas sans inconvénient. Effectivement, même si le jonglage études/réseaux se passe/passait à merveille pour certains, comme c’était le cas pour les youtubers “le Rire Jaune” cité précédemment dans notre article, ce n’est pas forcément le cas pour des jeunes et surtout des étudiants voulant se lancer maintenant, après tout c’est une monde rempli de concurrence ou l’investissement demandé pour réussir est presque aussi important que l’investissement nécessaire pour les études. Il faut donc s’adapter pour pouvoir faire les deux sans se laisser noyer par la pression et c’est compliqué, au bout d’un moment on craque, on abandonne l’un ou l’autre, et malheureusement on abandonne très rarement ses rêves donc c’est les études qui sautent. Certains discours d’influenceurs peuvent influencer ce choix, il faut croire qu’ils remplissent leurs rôle à merveille. ce cas est expliqué par un mathématicien et professeur dans cet article de tvanouvelles.
Influenceur : l’incertitude règne.
Cependant, le monde de l’influence n’est pas un univers féérique. Outre les influenceurs les plus connus, nourrissant le fantasme d’une vie facile à succès, nombreux sont les internautes postant régulièrement sur les réseaux sociaux, sans pour autant trouver d’audience. De plus, les influenceurs sont exposés aux « bad buzz », destructrices de carrière, faisant passer l’individu de grande figure à personnalité détestée, brisant ainsi son image numérique, tuant sa carrière sur Internet. Enfin, les carrières du numérique peuvent aussi simplement s’essouffler, avoir une baisse de popularité sans vraiment de raison particulière, un simple désintérêt général, stoppant le rêve d’une carrière mêlant célébrité et notoriété. Sans oublier que la carrière d’un influenceur peut s’arrêter par l’influenceur lui-même, non pas par manque de motivation de continuer dans cette voie, mais de force de par le terrible monde qu’est Internet et son anonymat. En effet, les influenceurs sont en première ligne en tant que cible des “haters”, des personnes insultant et menaçant ces influenceurs, menant à leur cyberharcèlement, pouvant avoir des conséquences dramatiques sur la personne victime. D’après une étude de Reech: “34% des influenceurs de 30 ans et moins ont déjà subi du cyberharcèlement”. Le monde de l’influence est incertain par ces paramètres aléatoires et la haine que peut recevoir les personnes qui veulent faire carrière dans cet univers.
Quelle est la responsabilité des agences de communication dans leur avenir ?
Afin d’assurer un avenir confortable et flexible pour leur influenceurs, les agences de communication doivent protéger l’image éthique et social de ces derniers, leur dénicher des contrats avantageux (pour eux-même mais avant tout pour leurs influenceurs), et leur offrir une liberté d’action inconditionnelle au moment où ils quitterons l’agence.
Dans ce mémoire écrit par Andréa Jimenez ayant pour thème “Les influenceurs et la communication commerciale : enjeux régulatoires”, il est expliqué que la mission des agences de communication est de chercher des marques et compagnies ayant les mêmes valeurs que ceux de leur influenceur. Car si les opinions divergent, la crédibilité non seulement de l’influenceur, mais aussi de l’agence perd de son poids. De plus, des obligations contractuelles ont parfois mené de jeunes créateurs de contenu dans l’impasse, ce qui a pu entacher leur image numérique.
Pour conclure, Les étudiants influenceurs est donc un sujet assez nuancé, notamment car certains réussissent dans leur rêve, et d’autres non. Les agences de communication ont leur responsabilité, mais on ne peut pas leur jeter intégralement la faute. Les réseaux sociaux sont un monde injuste où la roulette du hasard est omniprésente. Mais, grâce aux éclairages de Charlie, nous voyons que la réussite n’est pas systématique mais bien possible si les étudiants sont bien accompagnés.
Bibliographie :
Francesco Attruia, « L’autorité des jeunes influenceurs du Web dans le genre de l’« unboxing » : un cas d’étude français/italien », Argumentation et Analyse du Discours [En ligne], 26 | 2021, mis en ligne le 13 avril 2021, consulté le 27 mai 2025. URL : http://journals.openedition.org/aad/5118 ; DOI : https://doi.org/10.4000/aad.5118
Reech, Institut Norstat: “Étude Reech 2024 : Les influenceurs et les marques” [En ligne], mis en ligne, consulté le 27 mai 2025. URL: https://www.reech.com/fr/marketing-influence-etude-reech-2024
Andréa Jimenez, “Les influenceurs et la communication commerciale : enjeux régulatoires” publié en avril 2022, consulté le 27 mai 2025. URL : https://www.csa.be/wp-content/uploads/2022/04/Memoire_Influenceurs_Andrea.pdf
Agence QMI, “Des influenceurs dénigrent l’école nos jeunes se font dire qu’étudier est inutile pour faire du gros cash” publiée le 13 septembre 2024, consulté le 27 mai 2025. URL: [https://www.tvanouvelles.ca/2024/09/13/des-influenceurs-denigrent-lecole-nos-jeunes-se-font-dire-quetudier-est-inutile-pour-faire-du-gros-cash]
Mots clés: Influence, étudiant, création de contenu, communication, hater, réseaux sociaux, carrière, cyberharcèlement, contrat, internet, numérique, réussite, métier, jeune, agence web.
Date de publication : 27 mai 2025

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